Nils Petter Molvaer


...Que vous préfériez le jazz, la house, l'électro ou le rock, peu importe, le rendez vous était à noter :

Vendredi 27 Septembre 2002 à l'Aeronef.

Nils Petter Molvaer

Niels Petter Molvaer est norvégien, et on entend bien que sa musique n'est influencée ni par la salsa, ni par le flamenco ! On peut même dire que l'on sent son côté nordiste. Il mélange avec talent les extrêmes : jazz, ambient, house, électronique et breakbeats. Son jeu de trompette est minimaliste, à l'image d'un Truffaz faisant pleurer son instrument dans de longues plaintes (ce qui devrait plaire aux nombreux adeptes de Truffaz que j'ai rencontré à l'école).

Déjà remarqué en 1997 avec la sortie de son premier album, intitulé Khmer, il accède bien vite à une renommée internationale lorsque paraît Solid Ether, un disque parfaitement expérimental.

Nils Petter Molvaer

Débute alors une série de tournées en Europe : accompagné par une bande de joyeux bidouilleurs techno, il fait sensation partout où il passe, soit que le public traditionnel des festivals jazz hurle au scandale, ou que d'autres manifestent au contraire leur extrême plaisir devant tant d'audace.

Si Nils Petter Molvaer ne laisse personne indifférent, c'est avant tout parce qu'il expérimente à tour de bras, sans se soucier le moins du monde des étiquettes. Son nouvel album NP3 confirme son talent, mais je préfère m'arrêter là, car cette musique est très difficilement transcriptible avec des mots...

"D'une certaine façon je suis le chanteur du band, l'homme à la voix douce (rires), le gars qui se promène autour de l'affaire et qui canalise les énergies... Je ne mise donc pas sur un style éclatant, spectaculaire. En abordant ainsi mon instrument (un peu comme une flûte ou autre instrument paisible) je me sens plus à l'aise. En fait, j'essaie de sortir du rôle habituel de la trompette dans le jazz. L'exemple de Jon Hassell, qui préconise une recherche accrue sur les textures sonores, est éloquent en ce sens. Encore sous-estimé, ce trompettiste est fabuleux ! Pour moi, c'est un modèle à suivre."

Nils Petter Molvaer

"Il n'y a pas si longtemps, à Londres, j'ai assisté à un set de DJ Die et deux collègues brésiliens. Incroyable ! J'aime cette énergie du drum'n'bass, j'aime aussi le dub, la techno minimaliste allemande, ces mondes sonores me fascinent. Remarquez, je n'aime pas toutes les musiques électroniques, je déteste la euro-techno de base..."

"Pour ma part, je n'aime pas qu'on me dise: tu devrais faire comme ceci ou comme cela. Je préfère avancer, bousculer les choses, ne pas souscrire exclusivement aux standards du jazz afro-américain. La musique est improvisée depuis des milliers d'années, bien avant la découverte de l'Amérique, le folklore scandinave en inclut passablement. Tous les peuples improvisent en musique, ce n'est pas un monopole afro-américain !"

Nils Petter Molvaer

"Mon guitariste Eivind Aarset, par exemple, est un authentique virtuose, mais ses habiletés techniques ne sont pas toujours mises en évidence. Ma musique repose d'abord sur un effort collectif. La musique est un tout, elle se fonde aussi sur la qualité des relations humaines, beaucoup moins sur la performance. Nous pouvons jouer rapidement, livrer des lignes complexes... mais ce n'est pas l'objectif à atteindre. Nous ne voulons pas impressionner, nous voulons émouvoir."



Fred